aire le plein en Europe coûte désormais bien plus que le carburant lui-même. Dans plusieurs pays, plus d’un euro sur chaque litre d’essence vendu à la pompe correspond directement aux taxes. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, les États où l’essence est la plus chère ne sont pas toujours exactement ceux qui prélèvent la plus grande part fiscale.
Les dernières données disponibles de la Commission européenne permettent d’y voir plus clair. À la mi-septembre 2026, le litre de Super 95 atteignait en moyenne 2,063 € dans l’Union européenne, un niveau particulièrement élevé dans un contexte de tensions sur le marché pétrolier. Sur cette somme, 0,976 € correspondaient en moyenne aux taxes, soit environ 47,3 % du prix payé par l’automobiliste.
Un pays se distingue nettement : les Pays-Bas. Chaque litre d’essence y supportait environ 1,27 € de taxes, le montant le plus élevé de l’Union européenne. Pour les conducteurs qui roulent beaucoup, la différence finit par représenter plusieurs centaines d’euros par an.
Les Pays-Bas devant le Danemark, la Finlande et l’Allemagne
Aux Pays-Bas, l’accise sur l’essence atteint 844,69 € pour 1 000 litres en 2026, soit près de 84,5 centimes par litre. Une petite contribution destinée aux stocks pétroliers stratégiques vient s’y ajouter, puis la TVA de 21 %.
Au total, environ 1,270 € sur un litre vendu 2,434 € correspondent aux différentes taxes. Autrement dit, près de 52 % du prix payé à la station-service revient aux prélèvements publics.
Le Danemark arrive juste derrière avec 1,230 € de fiscalité par litre. Il se distingue toutefois par un autre record : son essence atteignait environ 2,564 € le litre, soit l’un des tarifs les plus élevés de l’Union.
La Finlande complète le podium fiscal avec 1,193 € par litre, devant l’Allemagne à 1,179 €. Dans ce dernier pays, le conducteur supporte notamment une taxe énergétique de 65,45 centimes par litre ainsi qu’une composante liée au carbone.
Viennent ensuite la Grèce avec 1,133 €, la France avec 1,052 € et l’Italie avec 1,049 € par litre. Dans l’Hexagone, l’accise représente environ 0,690 € par litre, auxquels s’ajoute la TVA de 20 %.
Pourquoi les automobilistes paient aussi de la TVA sur les taxes
La mécanique fiscale européenne explique en partie ces montants. Le carburant est d’abord soumis à une accise, généralement calculée en montant fixe par litre. Certains pays ajoutent ensuite une taxe carbone ou d’autres contributions environnementales.
La TVA est finalement calculée sur le prix comprenant déjà ces prélèvements. En pratique, le conducteur paie donc de la TVA sur les accises elles-mêmes.
Ce système accentue également l’effet d’une hausse des cours du pétrole : contrairement à l’accise fixe, le montant de TVA augmente lorsque le prix hors taxe progresse.
Il faut néanmoins distinguer deux classements. Un pays peut afficher la plus forte proportion de taxes dans le prix final sans prélever le montant le plus élevé en euros. Au printemps 2026, par exemple, la Slovénie figurait en tête pour la part fiscale avec près de 58 % du prix de l’essence, alors que le prélèvement par litre restait nettement inférieur à celui des Pays-Bas.
Pour les automobilistes, le classement en euros reste probablement le plus parlant. Avec un réservoir de 50 litres, une fiscalité de 1,27 € représente environ 63,50 € de taxes sur un seul plein aux Pays-Bas. À raison de deux pleins par mois, cela dépasse 1 500 € de prélèvements sur une année.
Alors que les cours du pétrole restent sous pression, cette structure fiscale explique pourquoi une variation apparemment modeste du prix hors taxe peut rapidement se transformer en facture lourde à la station-service.
