Le prix du pétrole repart fortement à la hausse. Le baril de Brent a dépassé les 93 dollars ce jeudi 20 août, alors que les tensions au Moyen-Orient continuent de faire peser des incertitudes sur les approvisionnements mondiaux.
Cette remontée commence à attirer l’attention des automobilistes, notamment ceux qui roulent à l’essence ou au diesel. Mais faut-il déjà s’attendre à une nouvelle hausse des prix à la pompe ?
Le Brent repasse au-dessus de 93 dollars
Les cours du pétrole ont enregistré une cinquième séance consécutive de hausse. Jeudi, le Brent pour livraison en octobre progressait de 2,19 dollars, soit 2,39 %, pour atteindre 93,81 dollars le baril. Le pétrole américain WTI gagnait de son côté 2,33 dollars, à 88,16 dollars.
Les deux références ont atteint leur niveau le plus élevé depuis le 24 juillet. Cette progression intervient alors que les investisseurs restent attentifs à la situation au Moyen-Orient et à ses conséquences sur les exportations de pétrole.
Le détroit d’Ormuz reste au centre des inquiétudes
Une grande partie des préoccupations concerne le détroit d’Ormuz, un passage maritime essentiel pour le transport mondial de pétrole. Avant le début de la guerre, le 28 février, des volumes équivalents à environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole transitaient par cette voie.
Depuis, les flux sont nettement inférieurs à leur niveau habituel. La situation reste donc particulièrement surveillée par les marchés. Une nouvelle perturbation importante pourrait réduire davantage l’offre disponible et pousser les cours vers le haut.
Les discussions destinées à mettre fin au conflit restent par ailleurs dans l’impasse, tandis que les tensions entre l’Iran et plusieurs pays de la région continuent d’alimenter les inquiétudes.
Quelles conséquences pour l’essence et le diesel ?
Une hausse durable du pétrole peut finir par se répercuter sur les prix des carburants. Mais cela ne signifie pas qu’une hausse de 2 ou 3 % du baril entraîne automatiquement une hausse équivalente du prix affiché dans les stations-service.
Le prix payé par les automobilistes dépend de plusieurs éléments : le coût du pétrole brut, le raffinage, le transport, les marges de distribution, le taux de change entre le dollar et l’euro ainsi que les différentes taxes. Il existe également un décalage entre l’évolution du cours du pétrole et celle des prix à la pompe.
Autrement dit, la remontée du Brent constitue surtout un signal à surveiller. Si les cours restent élevés pendant plusieurs jours ou continuent de progresser, la pression sur les prix des carburants pourrait devenir plus importante.
Le diesel est également sous surveillance
La situation est d’autant plus intéressante pour les automobilistes que les stocks américains de produits distillés, qui comprennent notamment le diesel et le fioul domestique, ont diminué pour la troisième semaine consécutive.
Cette baisse intervient alors que les marchés surveillent déjà les conséquences du conflit sur l’approvisionnement en produits raffinés. Dans le même temps, les stocks américains de pétrole brut ont augmenté de 4,4 millions de barils la semaine dernière, une progression qui a quelque peu limité les inquiétudes concernant l’offre de brut.
Une nouvelle flambée est-elle déjà annoncée ?
Pas nécessairement. Le marché pétrolier reste particulièrement sensible à l’évolution de la situation géopolitique. Une amélioration des discussions ou une diminution des tensions pourrait rapidement calmer les cours. À l’inverse, une nouvelle perturbation des exportations ou une aggravation du conflit pourrait entraîner une nouvelle poussée du prix du baril.
Pour les automobilistes, les prochaines séances seront donc importantes à surveiller. Pour l’instant, le franchissement des 93 dollars par le Brent ne permet pas à lui seul d’affirmer qu’une forte hausse de l’essence et du diesel est imminente. Mais si le pétrole reste durablement à ces niveaux, la pression sur les prix à la pompe pourrait progressivement se renforcer.
Une chose est certaine : après cinq séances consécutives de hausse, le marché pétrolier recommence à regarder sérieusement vers le seuil des 100 dollars.

