29 septembre 2026. Trop de bips, trop d’alertes ? Chez Renault et Dacia, une touche « My Safety Perso » permet en deux pressions de retrouver une conduite apaisée sans fouiller dans les menus. La patronne de Dacia affirme que c’est « le bouton le plus utilisé » de ses voitures. Explications pratiques, cadre européen et limites.
« My Safety Perso » : comment fonctionne le bouton ?
Chez Renault et Dacia, la solution se trouve à gauche du tableau de bord : un bouton dédié aux aides à la conduite.
Un double appui active le mode « My Safety Perso ». Ce profil, configurable une fois dans le système multimédia, permet de choisir à l’avance quelles aides restent actives et lesquelles passent en discrétion :
- alerte de survitesse intelligente (ISA),
- maintien / alerte de franchissement de ligne,
- alerte d’attention et de somnolence,
- alerte de distraction liée à la caméra intérieure, selon modèles.
Concrètement : vous réglez votre configuration « Perso » une fois à l’arrêt, puis à chaque trajet, deux pressions suffisent à la rappeler. Au prochain redémarrage, la voiture repartira par défaut avec tout activé, conformément à la règle UE.
« C’est le bouton le plus utilisé dans nos voitures » — Katrin Adt, directrice générale de Dacia, citée par Autocar via FOCUS Online.
Interrogée par le magazine britannique Autocar, Katrin Adt assume : les clients trouvent ces assistants plutôt exaspérants et appuient volontiers sur la touche.
Pourquoi les conducteurs les coupent : les trois systèmes les plus critiqués
FOCUS Online dit avoir testé des dizaines de modèles équipés. Verdict : certaines aides distraient plus qu’elles n’aident, avec un taux de fausses alertes élevé.
1. L’adaptateur intelligent de vitesse (ISA), obligatoire depuis 2024
Il lit les panneaux via caméra et données GPS et prévient dès 1 km/h de dépassement, par signal visuel et sonore. Sur routes où la lecture se trompe — sortie d’autoroute, panneau parallèle, zone de travaux — le bip devient permanent. Le système reste surmontable au pied, mais il faut le supporter ou le couper à chaque trajet.
2. L’alerte de baisse de vigilance, obligatoire depuis 2024
Elle analyse mouvements du volant, durée de conduite et trajectoire pour déduire une fatigue. Résultat : message « Faites une pause » et pictogramme tasse de café, parfois après quelques minutes seulement de conduite jugée atypique, même si le conducteur est parfaitement éveillé.
3. La surveillance du conducteur par caméra, généralisée depuis le 7 juillet 2026
Une petite caméra, placée vers le montant A ou le bloc compteurs, suit en continu les mouvements des yeux et de la tête. Un regard un peu long vers le GPS ou le rétroviseur peut déclencher un avertissement de distraction.
Tout n’est pas à jeter pour autant : radar de recul, freinage d’urgence urbain ou alerte d’angle mort sont jugés utiles. Certains constructeurs, comme BMW cité par FOCUS, intègrent aussi ces alertes de manière moins intrusive.
Au-delà du confort : des normes qui renchérissent les voitures
Chaque nouveau capteur, caméra, logiciel et validation fait grimper le prix d’achat et le coût de réparation — pare-brise à recalibrer, par exemple.
Katrin Adt chiffre l’inflation réglementaire : une centaine de règlements européens déjà appliqués par Dacia, et 107 autres à absorber d’ici la fin de la décennie. Un quart du budget recherche et développement serait désormais consacré aux seules exigences d’émissions et de sécurité.
Ce que cela change pour vous en France
- Au quotidien : si vous roulez en Dacia Sandero, Jogger, Duster, Bigster récents ou en Renault Clio, Captur, Scenic, Austral équipés, créez votre profil Perso à l’arrêt. Vous gagnerez du temps à chaque départ.
- En sécurité : ne coupez pas tout par réflexe. Gardez au minimum le freinage d’urgence automatique.
- En droit : impossible d’avoir une désactivation permanente : la réactivation automatique à chaque mise du contact est imposée par le règlement européen sur la sécurité générale (GSR).
L’actualité du jour n’est donc pas une rébellion contre Bruxelles, mais un compromis ergonomique : respecter l’obligation d’équiper et de réactiver, tout en offrant un raccourci pour retrouver, en deux clics, une conduite apaisée.
Source déclencheuse : FOCUS Online, 29/09/2026, d’après interview de Katrin Adt à Autocar. Contexte : règlement UE 2019/2144 – ISA et alerte somnolence obligatoires depuis juillet 2024, surveillance avancée de la distraction à partir de juillet 2026.
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